
Un large public a été au rendez-vous, dimanche soir dans le cadre des concerts du 2e Festival de Fès de la culture soufie, qui se tient à Fès du 17 au 23 avril, avec un spectacle haut en couleur marqué par des rythmes du Flamenco et des chants spirituels d'Oum Kalthoum, interprétés avec brio par la star espagnole Curro Piana et la jeune artiste marocaine Oumnia Abou Amal.
Les deux artistes ont confirmé une démarche mystique souvent traduite par la soif d'amour et la joie des retrouvailles, à travers des chants spirituels qui font preuve d'une certaine charge morale mais aussi d'une grande sensibilité.
Né à Cartagena (Murcia, Espagne), Curro Piana appartient à une grande famille de musiciens, inscrite dans l'histoire du flamenco. Doté d'une voix exceptionnelle, il est lauréat de nombreux concours de chant. Profondeur, pureté et sobriété, telles sont les impressions de l'auditeur à l'écoute du chanteur. Grand spécialiste du Flamenco, il donne des cours de chant, mais aussi de danse au conservatoire de musique de Carthagène et dirige le département de Flamenco de l'Université de San Pablo de Madrid. Lors de cette soirée, Curro Piana a su donner un nouveau sens au Flamenco en adaptant des poèmes d'Ibn Arabi, plus connu sous le nom du Cheikh Al-Akbar (grand maître soufi).
Quant à la jeune artiste Oumnia Abou Amal, elle est une des nouvelles voix exceptionnelles du Maroc dans le registre classique d'Asmahan et de la diva arabe Oum Kalthoum qu'elle affectionne particulièrement.
Dans la lignée des grandes voix égyptiennes du siècle dernier, Oumnia, très appréciée au Maroc, est également très demandée à l'international, notamment en Egypte. Une lecture vivante de poèmes mystiques d'Orient et d'Occident a été également donnée au cours de cette journée par l'ensemble Ibn Arabi (Maroc).
Ainsi, les mélodies plaintives du Ney (flûte), les rythmes amples et profonds du Bendir, les inflexions des chants ne sont pas sans évoquer les ambiances particulières des Samaa' Derwiches.
Le public a trouvé avec ce groupe un lieu secret où tournoient les âmes en quête du Divin. L'Ensemble Ibn Arabi est né dans une famille soufie de Tanger rattachée à l'ordre Darkaoui. Les musiciens du groupe se sont frottés dès leur jeune âge aux musiques et aux chants du Samaa' à travers une audition spirituelle dans les réunions de la Confrérie Seddikiya - du Sheikh Abdellaziz Seddiq - à laquelle ils sont encore affiliés.
Le soufisme est, pour eux, un engagement personnel profond dont la musique est l'efflorescence.Au cours d'études musicales approfondies, Ahmed Khelig, le fondateur du groupe a côtoyé beaucoup de musiciens, tels que le joueur de Ney turc, Kudsi Erguner, et le qanouniste irakien, Hussein Al Amir. De ces contacts est née une coloration proprement orientale de la musique de l'ensemble Ibn Arabi, qui en fait une formation très originale dans le paysage musical marocain. Cette soirée a enregistré aussi la brillante prestation du duo Aïcha Redouane (Maroc) et Habib Yammine (Liban) qui a interprété des chants mystiques sous le signe "Amour Divin, passion des poètes".
Aïcha Redouane a chanté plusieurs styles depuis sa tendre enfance (tamazight/berbère, jazz-blues, chants occidental et arabe). Depuis le début des années 90, elle se consacre à la Nahda (renaissance culturelle arabe du XIXe-XXe siècles) du Proche-Orient. Sa rencontre avec Habib Yammine, percussionniste et ethnomusicologue, sera déterminante dans sa spécialisation. Auteur de plusieurs CD, elle apporte, avec Habib Yammine, sa contribution à l'art du Maqâm par de nouvelles compositions mettant en musique les grands poèmes mystiques.
La 2e édition du festival de Fès de la culture soufie, qui connaît la participation d'artistes et de chercheurs en provenance de plusieurs pays étrangers, est ponctuée quotidiennement par des concerts donnés par des troupes soufies et des groupes issus de confréries et par des figures emblématiques de cet art sublime.
Au menu de cette manifestation, qui s'inscrit dans le cadre des activités marquant les 1 200 ans de la fondation de Fès, des débats sur le soufisme sont au menu, dont "les voies de la connaissance de soi en Orient et Occident", "Soufisme et dialogue Orient Occident" et "Désir d'Islam, le voyage soufi d'Isabelle Eberhardt.
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Renforcer la démocratie locale"Pour la consécration et le renforcement de la démocratie locale" est le mot d'ordre sous lequel s'est tenue, dimanche à Fès, l'assemblée nationale de l'association marocaine des conseillers communaux istiqlaliens.
Intervenant à l'ouverture de cette rencontre, à laquelle ont pris part des conseillers istiqlaliens de différentes régions du Royaume, M. Abdelhaq Tazi, président honoraire de l'association a souligné le contexte dans lequel se tient cette réunion, marqué par le débat enclenché dans la perspective de la révision de la charte communale.
Après avoir souligné la nécessité de renforcer le rôle des élus en vue de garantir une forte participation aux prochaines échéances électorales, il a affirmé que le défi actuel consiste à "réconcilier le citoyen avec les urnes".
M. Tazi a appelé à tirer les leçons des dernières législatives et à redoubler d'efforts pour assurer une forte inscription des citoyens sur les listes électorales, soulignant l'impératif de la poursuite des réformes lancées dans différents domaines, notamment la justice, les infrastructures et l'enseignement. Il a, de même, insisté sur la nécessité d'une gestion rationnelle des ressources financières des collectivités locales qui constituent le pilier du développement et de la croissance sur le plan national.
Pour sa part, le président de l'association, Abdelaziz Halili a affirmé que cette rencontre se tient pour accompagner le débat actuel sur la révision du découpage administratif et communal et la réforme des législations relatives à l'organisation de la chose locale, notamment le code électoral, la charte communale et les conseils régionaux, provinciaux et préfectoraux.
Cette rencontre s'est déclinée en plusieurs ateliers portant sur la charte communale, le code électoral et les conseils des préfectures et des provinces.
Source : MAP