
Ils ont la bosse du commerce, le sens des affaires, l’esprit d’entreprise et une loyauté sans faille à leurs origines. Ils se ressemblent, mais jamais ne s’assemblent. Fassis et Soussis sont au contraire les meilleurs ennemis du monde… ou en tout cas du Maroc.
Qui n'a pas ri de l'avarice supposée des Soussis ? Qui n'a pas plaisanté de la préciosité qu'on attribue aux Fassis ? Ces images d'Epinal ne sont pourtant pas que de simples clichés. En arrière-fond, c'est une rivalité économique qui les a dessinées à gros traits. C'est un clash commercial qui les fait perdurer… Négociants soussis et fassis se regardent en chiens de faïence depuis toujours. Ils ont chacun son périmètre sacré, où l'autre n'est pas le bienvenu.
“Des commerçants soussis achètent des kissariates entières qu'ils réservent aux commerçants originaires de leur région”, raconte un intermédiaire casablancais. Un fait de guerre, en 2008, dans un conflit déjà bien avancé dans les années 30, époque où les Soussis partaient à la conquête des villes. Un concept de commerce d'un nouveau style dans la besace : l'épicerie. “Les épiceries ont servi de tremplin à une conquête de toutes les branches du commerce moderne. Cette progression s'est faite vers les restaurants, les boulangeries, les hôtels, les magasins de chaussures et de vêtements”, énumère le chercheur Hassan Zaoual, pour résumer la percée des Soussis dans les lignes fassies. Le commerce était chasse gardée, l'offensive a eu le même effet qu'un chien dans un jeu de quilles : “La promotion sociale des Soussis, par le biais du commerce, leur permet de faire bonne figure à côté des grandes familles aristocratiques qui ont exercé de façon presque héréditaire l'administration makhzen et le haut commerce”, écrit l’historien Mohamed Benhlal (Le collège d’Azrou, formation d’une élite berbère civile et militaire, 1927-1959).
Aux origines du conflit, une affaire de négoce. A l'arrivée, quelques coups de canon retentissants : “Une rumeur a circulé après le tremblement de terre d'Agadir en 1960. Elle disait que c'était un châtiment divin pour punir les marchands soussis qui vivaient dans l'opulence”, raconte un historien. Un tsunami avant l'heure, acte de guerre comme un autre, ponctuant la compétition que se livrent Fassis et Soussis à qui sera le meilleur “commercial du Maroc”.
La finance, le dernier bastionUn premier métier, le négoce, dont chacun s'est éloigné après l'indépendance pour diversifier ses activités vers des secteurs plus lucratifs. Le Maroc était à construire, il y avait des chantiers, des secteurs à conquérir. Tous l'ont été ou presque par le capital soussi. Sauf un, le plus important : la maîtrise des capitaux. “Une Française en mission au Maroc, au siège de Wafabank, était convaincue que Bennani signifiait Monsieur, quand elle a découvert que ce nom précédait le prénom de beaucoup de membres du staff de la banque”.
L'anecdote est presque trop belle pour être vraie, mais racontée par un homme d'affaires soussi, elle est révélatrice d'un dépit face à ce bastion imprenable qu'est la finance. Mais pas de quoi se fâcher à mort entre grands patrons. La CGEM (le syndicat des patrons) n'est plus depuis longtemps un temple inviolable du capital d'origine fassie. Les grands entrepreneurs du Souss y ont voix au chapitre. Pas forcément pour élever le ton. Bien au contraire, les conversations seraient plutôt feutrées car on y cause business avant tout, Selon un ancien de la CGEM, il existerait même une complémentarité entre les deux forces en présence : “Les affaires où s'associent des hommes d'affaires soussis et fassis sont toujours bonnes car ils partagent les mêmes valeurs : le travail et l'idée que l'argent doit faire de l'argent”. Et les mêmes gouvernements aussi.
Vox populi, quand tu nous tiens“Nous avons ressenti la composition du gouvernement Abbas El Fassi comme une continuation de la domination fassie. La nomination d'Akhannouch au ministère de l'Agriculture n'est qu'une caution, une façon de calmer l'agitation politique dans le Souss”, résume, lapidaire, un militant soussi d'Agadir. Un sentiment tenace qui part de la base pour rejoindre les sommets : “Les jours de l'Aïd, les réunions de la famille El Fassi doivent ressembler à un Conseil de gouvernement”, plaisante cet entrepreneur soussi. Le gouvernement est-il trop arabiste pour les militants formés à l'école de la dialectique amazighe ? Ou peut-être tout bonnement trop fassi pour l'épicier du coin ou le chauffeur de taxi. Car un Jettou, par exemple, était presque porté aux nues par la rue soussie alors qu'El Fassi est détesté par les mêmes . Un entrepreneur amazigh ayant fait fortune dans la chaussure contre un politicien nourri au biberon de l'Istiqlal ? Ici, l'origine des deux a retenu l'attention plus que le vieux débat entre ministres technocrates et ministres politiques : “Beaucoup des ministres nommés ont été choisis pour leur maîtrise technique. L'impression d'une représentation excessive de fassis est trompeuse. C'est juste un retour sur investissement dans les études de haut niveau, une constante dans la culture de l'élite fassie”, nuance un membre du parti de Abbas El Fassi. Mais rien n'y fait, la rancœur remonte à loin.
Istiqlal, le grand méchant loup des SoussisL'inimitié des Soussis pour le parti de Abbas El Fassi trouve son origine à la fin du protectorat : “Dès les premières années de l'indépendance, les commerçants chleuhs de Casablanca se détachent du Parti de l'Istiqlal derrière lequel ils ressentent trop souvent la présence de leurs concurrents fassis”, écrit Rémy Leveau (Le fellah marocain, défenseur du trône). “Ce qu’on présentait comme une opposition entre Fassis et Soussis n’a pris corps qu’après l’Indépendance, et elle cachait en fait les luttes pour l’édification de l’Etat national”, précise l'historien Mustapha Bouaziz. A une époque où les cartes du jeu politique sont redistribuées, les riches soussis investissent à gauche dans l'UNFP de Mehdi Ben Barka, parti sorti des entrailles de l'Istiqlal dans les années 50. C'est une manière pour eux de sublimer leur réussite économique qui trouve porte close à l'Istiqlal. “Agadir était un fief de l'UNFP à cette époque”, signale à ce propos Mustapha Bouaziz.
Sur le plan économique, les entrepreneurs soussis prennent aussi d'assaut les chambres de commerce afin de faire contrepoids aux relais politiques des Fassis.
La rhétorique est clairement anti-Istiqlal dans les discussions d'hommes d'affaires soussis influents. Haj Ahmed Oulhaj Akhannouch, le fondateur du groupe Akwa et père de l'actuel ministre de l'Agriculture, lance sa propre formation politique à la fin des années 70 : le Parti de l'Action. Une réaction au trust fassi sur les portefeuilles ministériels.
Les histoires d'amour finissent mal en général“Les Soussis étaient très agacés par les gouvernements qui se succédaient depuis l'indépendance et où les Fassis se taillaient la part du lion”, contextualise un acteur politique de l'époque. Un doux euphémisme puisque, selon une étude de la politologue Amina El Messaoudi, dans les gouvernements constitués de 1955 à 1985, 61,9% des ministres étaient Fassis. Pourtant, la rivalité entre Soussis et Fassis n'a pas toujours bercé la vie politique marocaine. L'historien Mustapha Bouaziz est catégorique : “Dans les années 1920 et 1930, le travail se faisait en commun au sein du mouvement national. à l'époque, les deux associations nationalistes créées au sein de l'université Al Qarawyine à Fès étaient dirigées par le grand alem Mokhtar Soussi (plus soussi, tu meurs) pour la branche culturelle, et par Allal El Fassi (plus fassi, tu meurs aussi) pour son pendant politique”. Toujours selon Bouaziz, “la ligne de fracture à cette époque n'est pas ethnique, mais se situe entre nationalistes et non nationalistes”. Si bien qu'au moment du Dahir berbère des 1930, c'est toujours Mokhtar Soussi qui mène, entre autres, la fronde contre cette loi du protectorat très controversée, tandis que d'autres composantes de la “berbérité”, originaires du Moyen-Atlas, défendent le Dahir. On ne parlait même pas de berbères pour différencier la composante amazighe du Maroc des Fassis. Mais de “âaroubi”, appellation générique censée différencier le commun des Marocains de l'élite d'origine arabo-andalouse. Celle qui a éclos à Fès.
Y a du tarab dans l'airLes 1200 ans de la capitale spirituelle qui seront fêtés en grande pompe, à partir de ce mois, sont venus raviver de vieilles blessures dans le monde culturel soussi. “Tant de faste pour célébrer la fondation d'une ville est une mainmise sur la culture marocaine présentée comme exclusivement arabo-andalouse”, se plaint un organisateur de spectacles d'Agadir, très remonté contre ce prisme qu'il juge omniprésent. Sa colère aurait été sans doute plus aigüe s'il connaissait le CV du responsable des festivités : Saâd Kettani, l'ex-propriétaire de Wafabank. Un tout-en-un économico-culturel très utile quand il s'agit de faire de la promo. L'élite originaire de Fès a su vendre les signes extérieurs qui font sa patine. Et en premier lieu un signe sonore, devenu le fonds musical du Maroc, de Tanger à Lagouira : le tarab andalous. “Il y a quelques jours, j'ai pris un avion de la RAM où l'on a diffusé pendant toute la durée du vol cette musique”, raconte un musicien soussi. La destination d'arrivée l'a fait sourire : Agadir. Il ne devrait pas, ce n'est pas si paradoxal que cela semble l'être : “Plusieurs musicologues qui se sont penchés sur la musique andalouse y ont trouvé des influences amazighes”, assène un mélomane. Parmi les fans de cet art de cour, un Soussi pur jus se détache d'ailleurs du lot : Hassan Abouyoub, ex-ministre et ancien ambassadeur du Maroc en France. C'est qu'en matière de notes, les frontières sont poreuses et trompeuses, comme le rappelle un producteur de musique : “Les cassettes de l'artiste soussie Tabaâmrant se vendent très bien à Fès. La ville est le troisième marché pour la musique amazighe après Agadir et Casablanca”. Un marché qui a fleuri sans coup de projecteur du fait d'un service après-vente déficient. L'élite fassie sonnait la fanfare à l'ombre de Hassan II tandis que son pendant soussi la mettait en sourdine. Question musique, et bien d'autres choses encore.
On connaît la chanson“Les hommes du Souss ayant fait fortune n'ont jamais coordonné leurs efforts avec l'élite intellectuelle issue de la région par peur des répercussions politiques”, explique un membre de l'IRCAM. Ceux qui osaient financer des associations amazighes, bouillon de culture politique et artistique, le faisaient en cachette, craintifs face à un climat peu favorable. L'élite économique soussie avait de surcroît, pour certains, une image à défendre, éloignée de celle de l'épicier laborieux qui a réussi. Celle qu'elle s'était dessinée en s'alliant à sa consoeur fassie. A l'image d’un riche homme d'affaires originaire de Tafraout, une des villes viviers des grandes fortunes du Souss, A la fin des années 90, il a organisé à Meknès le mariage de sa fille au son d'un orchestre andalou et au pas de danse de troupes ahwach. Mais pas selon les mêmes règles de l'hospitalité : “Les membres de l'orchestre ont été logés à l'hôtel, tandis qu'on avait vidé les écuries pour y installer les ahwach”, se souvient un invité. Un simple détail comparé au crime de lèse-soussi qu'on reproche à d'autres hommes d'affaires du sud : financer les activités de l'association Fès-Saïss, le vecteur d'une culture jugée trop omniprésente.
Mohammed VI, roi réconciliateur ?“Le discours prononcé à Ajdir par Mohammed VI a été un signal encourageant pour les Amazighs”, explique Ahmed Assid. Un signal reçu haut et fort par les Soussis qui ont, coup de fouet royal oblige, affiché leur patrimoine musical de manière moins “underground”, après l'intervention de M6. Au grand jour et dans la rue : “le festival Timitar d'Agadir met désormais en valeur la culture de la région en plein boulevard alors qu'elle était jusque-là cantonnée aux moussems et au cadre des fêtes familiales”, se réjouit Brahim El Mazned, directeur artistique de la manifestation initiée par Aziz Akhannouch. Un Soussi dans les bonnes grâces du roi qui a offert cette jolie carte de visite sonore à la deuxième région la plus riche du Maroc. Une preuve de l'impact du discours d'Ajdir sur la “berbérité” officielle. Un ton royal qui a même charmé des membres de la nomenklatura fassie, tout ouïe, devant Mohammed VI. Si le roi le voulait, c'est qu'il fallait aussi se mettre à l'amazigh… Chose dite, chose faite. Le wali de Casablanca, Mohammed Kabbaj, a lancé il y a trois ans un festival amazigh à Fès, sous l'égide de l'association Fès-Saïs qu'il préside. Le message inaugural lu par Kabbaj était loin d'être anodin. Il a ponctué son propos par un “nous sommes tous des Amazighs” qui en a surpris plus d'un.
Ich bin ein AmazighUn équivalent du “Ich bin ein Berliner” (Je suis un Berlinois) de John Kennedy, prononcé à l'occasion de l'hommage rendu à Mohamed Chafiq, ex-recteur de l'IRCAM et défenseur historique de l'amazighité. En si bonne route, Kabbaj a salué lors des éditions suivantes l'inévitable Mahjoubi Aherdane et Ahmed Boukouss, le successeur de Chafiq à la tête de l'IRCAM. Parmi les honorés, des intellectuels amazighs, pour deux d'entre eux en tout cas. Des auteurs qui n'avaient pas droit de cité dans les médias, presse de l'Istiqlal en tête : “Al Alam publiait des poèmes d'auteurs amazighs, mais pas leurs écrits portant sur la dimension amazighe du Maroc”, se souvient Ahmed Assid, membre de l'IRCAM. Un débat sur l'identité du pays qui a été source d'un accrochage avec le conseiller de Hassan II, Mohamed Allal Sinaceur. “Lors d'une réunion du Conseil supérieur de la culture, un intellectuel amazigh s'est exprimé dans sa langue. Il a été rappelé à l'ordre par Sinaceur qui lui a demandé de se taire immédiatement”, se souvient un témoin de la scène. Le conseiller royal a défendu bec et ongles son ordre du jour portant sur les fondements de la culture nationale. L'amazigh n'en faisait pas partie, à l'époque. C'est devenu, depuis, la nouvelle zone de combat investie par les Soussis…
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Portraits croisés. Souriez, vous êtes clichetésSoussis et Fassis peuvent se serrer la main. Ils ont au moins un point commun : ils sont victimes de préjugés tenaces. Et notamment la bosse du commerce qu'ils se transmettraient par hérédité, comme si elle était inscrite dans leurs gènes. L'image du Soussi travailleur, besogneux, remonte à très loin : “Les habitants du Souss sont les plus industrieux des hommes et les plus ardents dans la poursuite des richesses”, écrit Al Bekri, au 11ème siècle déjà. Comme pour enfoncer le clou, la littérature coloniale accentue les traits que l'on prête au Soussi depuis des lustres : “C'est un travailleur, tenace et économe, qui possède à un degré extraordinaire une faculté d'adaptation. Rien ne l'étonne. Il sait se contenter de peu, mais si par hasard la fortune lui sourit, il entrera de plain-pied et sans intimidation dans la vie aisée ou luxueuse. On l'a appelé le juif berbère. Certes, il a plus de dispositions pour le commerce que pour le métier des armes”, propagent les écrits encore en 1948. Et en la matière, pas de jaloux. Les Fassis ont aussi droit à la petite touche pittoresque, chère aux voyageurs en recherche de vérités absolues et définitives sur les pays visités : “Le Fassi aime le négoce pour lequel il a de remarquables dispositions et qui, très en honneur, vaut au messoueq ou tajer, commerçant en gros, une particulière considération”, écrit De Périgny, en 1922 (Au Maroc : Fès la capitale du Nord) Les chercheurs actuels évitent les généralisations, dessinant un portrait-robot plus fin de l'entrepreneuriat soussi et fassi. Mais l'un dans l'autre, c'est la même vieille histoire qui semble durer : “Par certains aspects, le Soussi est un véritable ascète, ce qui le rapproche du puritanisme protestant et de l'activisme au travail du Japonais. Son enrichissement en milieu hostile (la ville) se fait grâce à une résistance culturelle par rapport aux besoins citadins qu'il estime décadents”, analyse le chercheur Hassan Zaoual. Quant aux Fassis, pour John Waterbury (auteur du Commandeur des Croyants), ils “sont le modèle de l'élite urbaine, qui a conservé ses traditions, ses alliances et ses acquis, même quand elle a changé de ville”.
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Hanouty. épiceries : la revanche des FassisDans l'imaginaire collectif, mais aussi dans la réalité, la petite épicerie est associée aux Soussis. Et pourtant, le 18 avril 2007 naissait Hanouty, nouveau concept d'épicerie hi-tech censé entamer le monopole soussi. A l'origine du projet, Moncef Belkhayat, descendant d'une lignée fassie de commerçants. “Il a le négoce dans le sang, il n'avait pas encore terminé ses études à l'ISCAE qu'il créait sa première entreprise”, nous apprend une proche collaboratrice. Pour mener à bien son projet, Belkhayat a fait appel au boss de la BMCE Othman Benjelloun, autre baron de l'économie fassie. Le patron de Finance.com a très vite flairé l'opportunité et la manne financière que pouvait représenter Hanouty. Le concept est simple : “Il s'agit d'allier le commerce 'traditionnel' avec les exigences de la consommation moderne, comme l'affichage des prix, la variété des produits et l'hygiène. Il s'agit également d'introduire de nouveaux services”, explique Abdeljalil Likaïmi, directeur général (d'origine marrakchie) de Hanouty Shop SA. Mais, près d'un an après le lancement des 100 premiers magasins Hanouty, la brèche est-elle ouverte dans un secteur jusqu'alors dominé par les Soussis ? Les résistances sont bel et bien là. Alors que l'enseigne tablait sur la reconversion de nombreuses petites épiceries déjà existantes et sur leur adaptation aux standards Hanouty, les résultats ne semblent pas à la hauteur des espérances. “86 nouvelles épiceries Hanouty sont apparues depuis moins d'un an, mais seulement cinq sont le fruit d'une reconversion”, explique Likaïmi. A tel point que le concept Hanouty est en train de changer, passant progressivement de petites échoppes de 20-30 m2 à des supérettes de plus de 300m2. “Nous nous adaptons à la réalité du terrain”, se justifie Likaïmi. Quant à la rivalité Soussis-Fassis, elle semble être un sujet épineux : “Le contrat de confiance vient avec le temps. Nous nous améliorons au contact d'une épicerie qui a plus de 30 ans de succès derrière elle”, nous explique-t-on à Hanouty.
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Commerce. Casablanca, le ringLa route de Médiouna, Derb Omar, Hay Farah pour le dernier cas en date… les artères de la ville blanche sont les cordes d'une arène de boxe où Soussis et Fassis se rendent coup pour coup. Les commerçants originaires de Fès ont les premiers occupé le terrain au 19ème siècle, en se lançant dans le commerce avec Manchester en Angleterre et, bien au-delà, en prenant attache avec des négociants jusqu'en Inde. Les affaires tournent à plein régime avant que le challenger soussi ne vienne défier, dans les années 30, le champion du Maroc toutes catégories dans son pré carré : Casablanca. C'est que la ville blanche, en plein boom économique, offre des opportunités sans pareil aux immigrants soussis qui y implantent des circuits de distribution dans le secteur de l'alimentation, avant d'attaquer le négoce des tissus où les Fassis sont dominants. Casablanca respire le grand large et l'anonymat, c'est une ville à conquérir, contrairement à Fès où les premières tentatives d'implantation des Soussis ont buté sur la résistance des commerçants locaux. La capitale économique du Maroc est un terreau fertile pour qui a le sens des affaires, au grand dam d'un vieux Bidaoui qui a le sentiment d'avoir compté les points pendant que les autres se livraient bataille : “Le négoce casablancais est entre les mains des Fassis et des Soussis et échappe aux gens du cru”, se plaint-il, aujourd'hui.
Source : TelQuel