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National : L'Union pour la Méditerranée va se mettre en marche à Fès
Posté par BeStMaN le 25/5/2008 9:44:45 (278 lectures) Articles du même auteur
National

L'Union pour la Méditerranée (UM) "va se mettre en marche" dans les semaines qui viennent avec une Conférence internationale qui s'ouvrira, le 4 juin prochain à Fès, pour préparer le Sommet des chefs d'Etat, prévu le 13 juillet à Paris, affirme l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas.

Cette conférence, qui réunira notamment des personnalités du monde politique et des intellectuels, constitue "le lever de rideau de cette grande idée qu'est l'Union pour la Méditerranée lancée par la France", souligne M. Dumas dans une chronique intitulée "L'UM sur la ligne de départ" et publiée samedi dans le quotidien "France Soir".



"L'initiative est marocaine et je n'en suis pas surpris", dit-il, rappelant à cet égard que le Maroc, du temps de feu S.M. Hassan II, avait déjà manifesté son grand intérêt pour l'Europe et sa construction.

La Conférence de Fès permettra de "mettre à plat les interventions de personnalités détachées du projet lui-même et qui pourront parler librement des soucis de l'entreprise, des sujets retenus, des difficultés qui se présenteront et de la manière de les résoudre", relève-t-il.

Et M. Dumas de conclure que "l'avenir de l'Union pour la Méditerranée dépendra du succès de cette conférence préparatoire".



Source : MAP

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Auteur Conversation
BeStMaN
Posté le: 4/6/2008 21:26  Mis à jour: 4/6/2008 21:27
Ville2Fes Team
Inscrit le: 8/12/2006
De: Fès - Maroc
Envois: 1196
 L'Union pour la Méditerranée se décidera à Fès
- La manifestation se tient en présence de 150 personnalités mondiales
- Le conflit israélo-palestinien, pierre d’achoppement du projet


Roland Dumas, Alain Jupé, Amr Moussa, et bien d’autres figures du monde politique participent au congrès international sur «l’Union pour la Méditerranée», qui s’ouvre ce mercredi à Fès pour être clôturé le vendredi 6 juin. Trois jours durant, les participants doivent se pencher sur un sujet d’une très grande portée pour les pays du pourtour méditerranéen. De fait, cette conférence constitue le lever de rideau de cette grande idée qu’est l’Union pour la Méditerranée lancée par la France. Le conflit israélo-palestinien planera certainement sur les travaux de cette rencontre. Et, pour certains congressistes, l’occasion ne manquera pas d’être saisie pour sonder les uns et les autres sur le consensus possible à dégager.

Pour Abdelhak Azzouzi, président du Centre marocain interdisciplinaire des études stratégiques et internationales (CMIESI), entité organisatrice du congrès, «l’idée maîtresse qui nous a animé pour organiser cet événement a trait au brassage des civilisations qui distingue la Méditerranée. Et même la diversité est une source de dialogue, d’entente et de paix. C’est à partir de ce constat qu’on peut concevoir des solutions courageuses. «Ce courage a été démontré lors du congrès sur les civilisations et la diversité culturelle organisé du 23 au 25 novembre 2007 et dont les actes seront publiés le mois prochain en trois langues et en cinq volumes». C’est dans le même sillage que s’inscrit la rencontre sur «l’Union pour la Méditerranée». Y prendront part plus de 150 spécialistes des deux rives de la Méditerranée, des académiciens, des universitaires, des hommes de religion, de la culture, des savants, des hauts décideurs, des hommes d’Etat et des représentants des médias.

Pour Azzouzi, il s’agit d’un engagement qui ne relève pas seulement d’une éthique de responsabilité, en tant qu’universitaire ou académicien, mais d’une conviction. «Nous croyons au projet d’union autour de la Méditerranée. Lequel doit devenir un vaste forum traitant de tous les points d’intérêt commun pour les peuples de la région». «La Méditerranée doit devenir le lit nuptial de l’Orient et de l’Occident», précise-t-il. Et d’ajouter que l’évènement connaîtra une large couverture médiatique. En effet, outre France 24, TF1, BBC, Al Hourra… plusieurs chaînes internationales ont confirmé leur présence. Elles couvriront l’événement en direct.

Reste à signaler que ce congrès est organisé par le CMIESI en collaboration avec la Fondation Esprit de Fès, la mairie et le forum «Une âme pour la mondialisation», en partenariat avec plusieurs départements ministériels et organismes marocains et étrangers.

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Carte de visite

Le CMIESI a été fondé en mars 2007. Ses objectifs consistent à contribuer à une meilleure compréhension de la décision et de l’action en matière de politique étrangère et de sécurité. Analyser la recomposition en cours du système international post-bipolaire, ses acteurs et son fonctionnement et approfondir les études stratégiques, tels sont entre autres les travaux menés par le centre. Le tout en collaboration avec les organisations nationales et internationales qui oeuvrent pour les mêmes objectifs. Le centre est géré par une équipe multidisciplinaire avec l’adhésion de plus de 150 experts et un échantillonnage très diversifié de pays et de régions.



Source : L'Economiste
BeStMaN
Posté le: 4/6/2008 21:32  Mis à jour: 4/6/2008 21:42
Ville2Fes Team
Inscrit le: 8/12/2006
De: Fès - Maroc
Envois: 1196
 UM: Entretien avec Pascal Boniface et Aly Maher El Sayed
Congès Union pour la Méditerranée
La crise du Moyen-Orient au premier plan
Entretien avec Pascal Boniface, directeur de l’Iris


Pascal Boniface, directeur de l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), participe au congrès de Fès sur l’Union pour la Méditerranée (UPM). Il nous livre dans cet entretien ses idées sur ce projet. Pour lui, les différences de culture entre les pays de la Méditerranée ne doivent pas être considérées comme un obstacle, mais plutôt un catalyseur devant stimuler la mise en œuvre de ce projet. Toutefois, la grande source de blocage tient à l’existence de certains conflits politiques qui perdurent.


- Croyez-vous en une Union pour la Méditerranée malgré les conflits politiques, les différences culturelles, les inégalités économiques, démographiques et les défis écologiques?

- Pascal Boniface : Vous évoquez plusieurs facteurs qui pourraient empêcher l’Union pour la Méditerranée de réussir. Ils sont d’ordres différents. Les diversités culturelles ne doivent pas être considérées comme un obstacle, mais comme une raison supplémentaire de mettre en œuvre ce projet. Ces différences ne doivent pas être une source de problème, mais un facteur d’enrichissement mutuel. Nous avons tous à apprendre les uns des autres.

Il ne faut pas avoir l’illusion qu’une culture serait supérieure à l’autre. Elles sont différentes. Les inégalités économiques et démographiques sont d’un autre ordre. Si, effectivement, il y a, d’un côté de la Méditerranée, développement économique et ralentissement démographique et, de l’autre, un moins grand développement et une explosion démographique, cela constitue un sérieux problème. L’Union pour la Méditerranée peut apporter des corrections à ces différences en favorisant un développement harmonieux du Sud. Il s’agira aussi de mieux organiser les flux migratoires et de permettre aux pays des deux rives de travailler ensemble pour dégager les synergies et les complémentarités possibles. Quant aux défis écologiques, ils posent des problèmes d’une autre nature.


- La question de l’environnement relève de l’intérêt général...

- Pascal Boniface : Effectivement, nous avons tous intérêt à s’occuper de l’environnement. A commencer par la lutte contre le réchauffement climatique pour asseoir les bases du développement durable. Seulement, le respect de l’environnement ne veut pas dire arrêter la croissance, mais la rendre compatible avec les défis écologiques. Comme l’a dit Saint-Exupéry: «La Terre n’est pas un héritage que nous recevons de nos ancêtres, mais un emprunt que nous faisons à nos descendants».

S’il y a une pollution en Méditerranée, tous les pays riverains seront atteints sans distinction. Enfin, les conflits politiques, eux, peuvent effectivement, s’ils persistaient, empêcher les progrès majeurs possibles. On a parfois fait un parallèle entre l’Union européenne et la paix. Or, l’Union n’a été rendue possible que grâce à la paix, au demeurant, décidée par les ennemis d’hier. La paix a précédé l’Union pas l’inverse. En Méditerranée, la persistance du conflit israélo-palestinien empêchera l’Union pour la Méditerranée de réussir pleinement.


- Comment l’Union pour la Méditerranée peut-elle contribuer à atténuer les conflits existants?

- Pascal Boniface : Ce n’est pas l’Union pour la Méditerranée qui peut contribuer à atténuer les conflits existants. Cela relèverait beaucoup plus de la volonté politique des protagonistes et de la communauté internationale. Or, pour le moment, on constate que les protagonistes directs du conflit, Israéliens et Palestiniens, n’arrivent pas à s’entendre et que la communauté internationale ne joue pas son rôle et laisse les parties du conflit (dont la puissance est très inégale) livrées à elles-mêmes.


- Ne croyez-vous pas que le projet de l’Union pour la Méditerranée est plutôt motivé par la volonté de combattre le terrorisme? Ce qui empêche l’instauration d’un climat de confiance... Comment dépasser cette situation?

- Pascal Boniface : Si la motivation principale ou essentielle pour établir cette Union pour la Méditerranée se limitait à la lutte contre le terrorisme, le projet n’aurait pas un bel avenir. Mais il faut d’abord s’entendre sur la définition de la lutte contre le terrorisme. Chacun y a intérêt. Mais lutter contre le terrorisme pour moi ne signifie pas uniquement mettre en place un dispositif policier et sécuritaire. Il s’agit, avant tout, de penser un dispositif politique. Par exemple, en aidant à la résolution du conflit israélo-palestinien, indéniablement, on lutte contre le terrorisme. S’attaquer aux racines politiques des conflits, s’attaquer à la misère, c’est une façon de lutter contre le terrorisme.


- Quels objectifs concrets fixez-vous pour ce projet? Quelles sont vos recommandations pour contribuer à établir une véritable union pour la Méditerranée?

- Pascal Boniface : Les objectifs concrets sont une meilleure coopération sur une base égalitaire entre les riverains de la Méditerranée. Le danger principal est la perpétuation des conflits politiques. Au premier rang, le conflit israélo-palestinien.

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Union pour la Méditerranée
«Cette mer doit nous unir et non nous séparer»
Entretien avec Aly Maher El Sayed, ambassadeur d’Egypte à Paris


Aly Maher El Sayed, ambassadeur d’Egypte à Paris et directeur de l’Institut des études de la paix, souligne qu’il est important que les Etats de la rive sud de la Méditerranée se consultent, tentent d’harmoniser leurs points de vue et défendre, au mieux, leurs intérêts. Dans l’objectif de s’assurer que l’agenda de l’Union ne reflète pas uniquement la volonté du Nord.


- Le processus de Barcelone a, semble-t-il, évolué vers la mise en place de l’Union pour la Méditerranée. Pensez-vous qu’il s’agit d’une évolution favorable?

- Aly Maher :[b] L’évolution du processus de Barcelone vers l’Union pour la Méditerranée peut être une bonne chose s’il s’agit de capitaliser ce qui a été fait depuis 1995 et de préserver les acquis du partenariat issus de la politique de voisinage, même si ces derniers ne sont pas énormes. Mais si on a éprouvé le besoin de passer de Barcelone au voisinage et ensuite au projet d’Union, c’est que ces essais ambitieux de créer en Méditerranée une zone de paix et de prospérité n’ont pas réussi. En réalité, il me semble impossible de progresser à cet égard en ignorant le problème le plus grave qui affecte la vie, l’avenir, la sécurité, la prospérité de tous les peuples méditerranéens, c’est-à-dire le conflit israélo-arabe.


[b]- Quelle place et quel rôle l’Egypte aura-t-elle dans le projet d’UPM? Et quels objectifs concrets elle se fixe?


- Aly Maher :[b] Si cet ambitieux projet voit le jour, l’Egypte qui croit fermement en l’importance de la solidarité et à la coopération méditerranéennes, y participera pleinement et contribuera à l’élaboration d’une zone de dialogue et de coopération qui garantisse la paix et la prospérité du bassin méditerranéen. Ce sont au demeurant les objectifs du Caire... Cette mer doit nous unir et non pas nous séparer. Et nous devons ensemble combattre l’instabilité, la pollution, la pauvreté…


[b]- Doit-on constituer une coalition des pays de la rive sud de manière à privilégier les intérêts de la région?


- Aly Maher :[b] Il est important que les Etats du sud de la Méditerranée se consultent, tentent d’harmoniser leurs points de vue et défendre, au mieux, leurs intérêts. Dans l’objectif évident de s’assurer que l’agenda de l’Union ne reflète pas uniquement la volonté du Nord. Mais je ne pense pas qu’il faut aller jusqu’à constituer une coalition.


[b]- Que pensez-vous de la composition actuelle de l’Union pour la Méditerranée (27 + 12)?


- Aly Maher :[b] La composition de l’Union pour la Méditerranée doit refléter les réalités géographiques et géopolitiques. Nous, pays du sud, devons faire face à une Europe nouvelle… qui est toujours à la recherche de son identité commune et qui a de grandes ambitions politiques pour l’avenir. Toutefois, la portée exacte de l’élargissement sur la politique méditerranéenne reste, pour le moment, difficile à évaluer.


[b]- Quelles limites d’ouverture géographique doivent-elles s’imposer? Par rapport aux pays arabes et africains limitrophes.


- Aly Maher :[b] La proximité géographique et l’appartenance au bassin méditerranéen constituent le cadre de ce projet. Pourtant, il faut rester souple car les problèmes ne se limitent pas à des frontières politiques ou géographiques. Mais encore faut-il se baser sur une stratégie étudiée pour procéder à des ouvertures et non pas à des motivations d’ordre conjoncturel. L’ouverture doit demeurer l’exception afin de préserver le caractère spécifique des peuples méditerranéens.

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[b]Contexte


Le congrès de Fès sur le projet de l’UPM intervient 18 ans après le processus de Barcelone, et juste à la veille de la réunion des chefs d’Etat prévue le 13 juillet prochain à Paris. Rappelons que c’est dans la capitale française que Nicolas Sarkozy, alors candidat aux présidentielles, avait émis l’idée d’une Union méditerranéenne, en proposant que cinq pays d’Afrique du Nord (le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye) et cinq Etats membres (la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et Malte) s’unissent afin de faire progresser la coopération dans la région. L’initiative a reçu le soutien de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce, mais a été fortement critiquée par l’Allemagne, qui ne cache pas sa préférence pour les pays d’Europe de l’Est. Néanmoins, en mars 2008, la chancelière allemande, Angela Merkel, a apporté son soutien au projet de Sarkozy, celui-ci lui assurant en échange que cette union concernait les 27 Etats membres. Le projet final, appelé «Union pour la Méditerranée», a été soutenu par les dirigeants de l’UE lors du Conseil européen de mars dernier – bien que la version ait été assouplie. Enfin, Alger a décidé, il y a quelques jours, de réunir les ministres des Affaires étrangères arabes le 5 juin. Serait-ce une simple coïncidence du calendrier ou un message envoyé à Rabat?





Source : L'Economiste



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