Quel lien existe-t-il entre les habitants de Fès et les Gnaoua ? Peu, pour ne pas dire pas tellement.
Même si des commerçants de la capitale spirituelle avaient fait le bonheur d’Essaouira aux côtés de ses incontournables Toujar Soltane, l’histoire ne garde nulle trace d’une quelconque attirance qu’ils auraient eue pour la Zaouia de Sidna Blal.
Ce lieu de ressourcement des Gnaoui n’était nullement en odeur de sainteté au sein de la «Khassa» de ces temps troubles de l’histoire précoloniale du Maroc. Ce qui n’est plus le cas. Notamment grâce au Festival organisé pour vanter leur musique et dont les onze éditions ont mis en lumière leur virtuosité sans pour autant s’intéresser à leur Zaouia.
L’annonce par le Haut commissaire de l’Association du 1200ème anniversaire de la Fondation de la ville de Fès de la prise en charge par cette ONG de la réhabilitation de ce lieu de mémoire ne pouvait donc que mettre du baume au cœur de tous les amateurs de « Lilas » et de musiques de transes.
Les travaux de restauration permettront à ce site de retrouver son lustre d’antan et ne manqueront pas de lui redonner l’aura qui fut toujours sienne en tant que lieu de rencontre de tous les Gnaoua du Maroc.
Désomais, cette Zaouia portera également la marque de tous les mécènes de la capitale spirituelle qui ont voulu que leur opération de réhabilitation fasse partie d’un «processus harmonieux de réappropriation collective de notre histoire commune et de notre legs civilisationnel pluriel plus que millénaire». De nouveaux liens s’en trouveront ainsi tissés entre les argentiers de Fès et les musiciens Gnaoua.
Source : Libération