Le Ramadan constitue pour les habitants de la capitale spirituelle du Royaume un moment privilégié de prière, de recueillement et de réconciliation entre les familles et avec le passé glorieux de la cité impériale.
Chaque année et à quelques jours de l'avènement du mois de Ramadan, les familles fassies, abstraction faite de leur appartenance sociale, prennent leurs dispositions avec des préparatifs devant aider à bien accueillir le mois sacré.
C'est ainsi que l'on prépare partout toute une série de gâteaux, en général à base de sucre et de miel et des "Sfoufs" ainsi que d'autres friandises.
Pour les familles, qui ne préparent pas chez elles de tels plats, elles peuvent se procurer tout ce qu'elles désirent au marché (Briouates, Chabbakia, Griouach, Sellou, Baghrir, Mlaoui, Harcha), autant de délices exposés partout, même à l'intérieur des grandes surfaces.
A l'approche de la rupture du jeûne, rares sont les habitants qui ne rentrent pas chez eux les bras lourdement chargés de provisions : du lait et d'autres produits laitiers, des pains, des sucreries et des dattes, disponibles d'ailleurs en grande quantité sur le marché.
Le Ramadan à Fès, c'est aussi le mois des prières. Dès la rupture du jeûne, nombreux sont les fidèles qui se rendent dans les mosquées les plus proches pour la prière du Maghrib. Ils sont encore plus nombreux, accompagnés de leurs enfants, qui se rendent dans les mosquées préférées pour accomplir la prière d'Al Ichaâ et Taraouih derrière l'imam de leur préférence.
Et ce ne sont pas les mosquées qui manquent à Fès, qui reste malgré tout un des plus importants centres de la science et de la spiritualité avec 143 mosquées et ses anciennes medersas. Il suffit de citer la mosquée Al Qaraouyine pour saisir le rôle de l'Islam et des Imams dans le façonnement de l'histoire de Fès, qui fête durant toute cette année son 1200 ème anniversaire de sa création.
Durant ce mois exceptionnel, les mosquées de la ville, qui sont en général bien entretenues et souvent encensées, enregistrent des taux record en termes de fréquentation. Les fidèles s'y rendent non seulement pour prier, mais également pour participer à la récitation de versets coraniques et suivre des cours et des conférences animées en la circonstance par des Ouléma. Participant pleinement à ce climat de piété et de recueillement, les familles fassies multiplient les visites aux proches et amis, occasion pour elles de resserrer les liens et de régler bon nombre de différends. C'est aussi l'opportunité pour les familles aisées de la ville de venir en aide aux familles dans le besoin en participant dans l'anonymat aux opérations de bienfaisance (Iftar), organisées en ce mois béni au profit des familles démunies.
Certains bienfaiteurs préfèrent distribuer des denrées alimentaires, d'autres des fournitures scolaires et d'autres des vêtements aux enfants en prévision notamment de l'Aid Al Fitr.
Le Ramadan à Fès, c'est aussi des moments de divertissement, d'apprentissage et de débats. Certaines associations consacrent à ce mois tout un ensemble de programmes comme c'est le cas de la Fondation Esprit de Fès avec son festival Slam.
MAP