 Crise ou pas crise, les touristes sont de plus en plus nombreux à Fès. C’est le porte-parole de la profession, Driss Faceh, qui le confirme dans un entretient réalisé par L'Economiste.
Le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Fès fait le point sur les projets du Plan de développement régional du tourisme à la veille du conseil d’administration du CRT, prévu le 12 mai. Selon lui, Fès est résolument tournée vers la modernité et la diversité des produits qui vont faire sa nouvelle alchimie.
- Comment évaluez-vous les action du PDRT?
- Driss Faceh : Les chantiers du PDRT avancent, mais à plusieurs vitesses. Sur certains chantiers, nous avons pris de l’avance par contre sur d’autres nous accusons beaucoup de retard. Ainsi, les chantiers en bonne marche sont la mise à niveau urbaine autant en médina qu’en ville nouvelle, l’unité d’aménagement touristique (UAT) de Oued Fès, la densification de l’aérien. Sur ce volet, Fès est passée en peu de temps de 18 rotations par semaine à 96 rotations est ceci en l’espace de 2 ans. Nous travaillons actuellement sur une nouvelle destination arienne, à savoir la ville de Madrid.
Il faut dire que l’aérien joue lui aussi un rôle très important dans le repositionnement de la destination pour le «City break». Sans le point à point, il n’y a guère de séjour court, Fès est desservie au départ de Barcelone, Londres, Milan, Frankfurt, Paris, Marseille et Lyon, et ces vols se remplissent très bien. Ceci dit, il y a des projets qui piétinent, entre autres, l’UAT de Wislane qui est quasiment en stagnation ainsi la place de Boujloud et la transformation des foundouks.
- Pourquoi le PDRT bloque à ce niveau?
- Driss Faceh : Pour l’UAT de Wislane, le blocage est dû surtout au foncier. S’agissant du projet d’extension de Bab Boujloud, nous avons lancé avec la wilaya et la mairie un concours d’idées et d’architecture pour l’animation de cette place. Nous attendons l’évacuation et l’indemnisation des concernés pour lancer ce grand projet qui ne manquera pas de contribuer au repositionnement de notre destination.
- Le secteur est-il touché par la crise mondiale?
- Driss Faceh : La crise financière mondiale n’a pas impacté le secteur du tourisme à Fès. Notre destination se positionne sur le marché. En effet, la durée moyenne du séjour (DMS) est passée de 1,7 en 2005 à 2,3 aujourd’hui. Les résultats de janvier et février convergent avec une augmentation de 8 et 12% comparativement avec les mêmes mois de 2008.
Pour mars et avril, la ville était toujours aussi prisée par les visiteurs étrangers. Bref, épaulé par la mise en place du PDRT, le tourisme culturel de la destination Fès résiste bien à la crise. Il faut dire que c’est grâce aussi au plan d’action Cap 2009. Concerté entre le CRT et l’ONMT, ce plan a été lancé bien avant sa signature en janvier dernier.
De fait, les opérations d’éductours pour les agents de voyages et la presse spécialisée ont commencé à partir du mois de novembre. A ce jour, nous sommes à plus d’une dizaine d’éductours pour les marchés européens, américains et africains. Ainsi, si le taux d’occupation et la DMS durant le 1er trimestre 2009 sont en augmentation de 5%, ceci est dû en grande partie à la publicité institutionnelle bien ciblée de notre partenaire l’ONMT, ainsi qu’à l’ensemble de nos actions promotionnelles entamées en 2008.
- Et pour ce qui est de l’animation?
- Driss Faceh : L’animation est une composante importante dans le produit touristique. Elle contribue au repositionnement de la destination en agissant sur la durée moyenne de séjour. De fait, les festivals programmés à Fès que ce soit par la Fondation Esprit de Fès ou bien la mairie, sont les seuls au Maroc qui drainent une clientèle internationale en plus de la clientèle nationale.
La raison est simple. Pour l’ensemble de ces festivals, il y a une commercialisation qui se fait à l’international avec des relais à l’étranger. Ces relais sont les réseaux d’agences de distribution qui vendent nos produits. Il y a aussi une très forte promotion durant les foires internationales du tourisme. En tout cas, Fès est tournée vers la modernité et la diversité des produits (tourisme culturel et spirituel, arrière-pays…) qui vont faire sa nouvelle alchimie.
Source : L'Economiste
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