Ils espèrent profiter de la reprise annoncée du secteur au niveau international tout en restant attentifs aux mutations.
Les industriels marocains du textile-habillement se préparent à tirer profit de la reprise annoncée de l'économie mondiale et du secteur qui les concerne en particulier. Toutefois, ils restent dans l'expectative quant aux mutations que cette crise aurait fait subir aux habitudes des consommateurs sur les marchés internationaux. De même, ils restent conscients de la nécessité de faire face à leurs vieux problèmes qui les pénalisent sur ces marchés devant leurs concurrents, par manque de compétitivité. C'est ce qui se dégage d'une rencontre qui a eu lieu mardi à Tanger entre les professionnels du textile-habillement dans la région du nord à l'occasion de la première étape d'un Road Show destiné à établir l'état des lieux du secteur et tracer les stratégies pour 2010 dans un contexte de reprise économique mondiale.
Cette rencontre a été organisée par l'Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME), en partenariat avec l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (AMITH), sous le thème "Anticiper la reprise des marchés". Elle constitue une première étape de ce Road Show qui produit par la suite à Fès et Casablanca et dont l'objectif est de présenter la palette des mécanismes et instruments d'appui et de financement mis en place pour accompagner l'effort de modernisation compétitive des entreprises du secteur. Au cours de cette réunion, les participants se sont montrés optimistes quant à la reprise de l'économie mondiale après plus d'une année de traversée de désert. Il en est ainsi du président de l'AMITH, Mustapha Sajid, cité par la MAP, qui indique que la reprise commence à se profiler à l'horizon pour le secteur au niveau international, comme le montre une multitude d'indicateurs. Toutefois, il note que la contraction des marchés s'est accompagnée de changements profonds dans les habitudes du consommateur, avec notamment la montée en puissance des achats rationnels aux dépens des articles d'habillement et de mode.
Reste à savoir, nuance-t-il, si ces changements constituent des mutations de fond, s'inscrivant dans une tendance lourde ou de simples effets de la conjoncture qui s'estomperont bientôt. Dans tous les cas, souligne-t-il, le secteur du textile-habillement marocain se doit d'opérer sa mue pour s'adapter aux différentes mutations, en mettant la compétitivité et l'innovation de son côté et en tirant profit des mécanismes et instruments d'appui et de financement mis à sa disposition. Intervenant également lors de cette rencontre, la directrice générale de l'ANPME, Latifa Echihabi, est revenue sur le plan anti-crise décrété par l'Etat pour venir en aide au secteur du textile et aux autres activités touchées par la contraction de la demande étrangère adressée au Maroc, comme conséquence de la crise économique mondiale. Elle a notamment rappelé que le secteur TH est le premier bénéficiaire de l'ensemble de la palette des offres prévues par le Programme national de l'émergence industrielle, à savoir les programmes IMTIAZ, MOUSSANADA et RAWAJ.
Du reste, les autres intervenants, dont des experts de l'Institut français de la mode (IFM), ont notamment fait savoir que la part du sourcing de proximité, notamment entre le marché européen et les fournisseurs du bassin méditerranéen, a enregistré en 2008 et 2009 une contraction significative au sein des politiques d'approvisionnement. En fait, relève-t-on, au cours de cette période de crise, la stratégie des donneurs d'ordre européens a favorisé l'approvisionnement auprès des pays aux plus faibles coûts salariaux, notamment ceux d'Asie du Sud, donnant la priorité à l'habillement ordinaire plutôt qu'aux articles de mode. Ce qui a eu un impact négatif sur les producteurs méditerranéens, dont les exportations à l'UE se sont repliées de 12%.
Plan de soutien étatique La CNSS a débloqué 357,3 millions de DH pour rembourser 421 sociétés dans le cadre du plan anti-crise. Les entreprise du textile-habillement et cuir représentent plus de 90% des bénéficiaires suivis par le secteur de l'automobile avec 8%. Aussi, la Caisse centrale de garantie a traité 115 dossiers dont 93% relatif au textile, ce qui correspond à 686 millions de DH. Sur le volet commercial, plusieurs demandes dans le secteur textile ont été traitées. Au niveau de la formation, 134 demandes ont été agréées dont 111 pour le textile et cuir et 20 pour les équipementiers automobiles. Globalement, ces mesures ont permis de réduire l'impact du recul de la demande mondiale adressée au Maroc en 2009. Source : Le Matin |