· Un pôle de compétitivité et d’expertise lui est dédié
· Le traitement des rejets liquides en priorité
L’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah (USMBA) de Fès s’est dotée récemment d’un grand pôle de compétitivité et d’expertise en environnement, gestion de l’eau et développement durable. Lequel est mis en place au sein du Centre universitaire régional d’interface (Curi) (cf.www.leconomiste.com). L’un des premiers partenaires de ce pôle est le prestigieux cabinet d’expertise français «Pedon Environnement et Milieux aquatiques». Ce dernier a envoyé ses émissaires, il y a quelques jours de cela, à Fès, pour dénicher les secteurs de coopération. D’emblée, l’Université affiche l’ambition de rassembler des experts et professeurs universitaires, ainsi que des entreprises œuvrant dans le domaine de l’environnement.
Pour son président, Farissi Serghini, «parmi les axes majeurs de ce projet, figurent la réalisation de diagnostics et d’études sur la situation environnementale et les milieux aquatiques de Fès et sa région, ainsi que l’identification et la hiérarchisation des besoins en matière de protection de l’environnement, mais tout en prenant en compte les enjeux socio-économiques de la région». Notons qu’à titre d’exemple, les rejets liquides domestiques de Fès-Boulemane sont estimés à environ 29,64 millions de m3/an dont 91,7% proviennent de la seule préfecture de Fès. Pour leur part, les déchets solides ménagers se chiffrent à plus de 1.000 tonnes par jour tandis que ceux dangereux s’élèvent à 19.736 t/an. Le tout est déversé sans traitement préalable dans les milieux naturels. Résultat: une dégradation de la qualité des ressources en eau aussi bien superficielles que souterraines. L’on constate également une chute du niveau de la nappe phréatique du Saiss. Celle-ci connaît un déficit annuel de 100 m3/ an. Ce qui menace à terme l’avenir de la région. En outre, la déforestation et la dégradation des forêts, l’extension de l’habitat insalubre figurent parmi les dangers qui guettent cette zone. A cela s’ajoutent les problèmes de santé provoqués par l’utilisation des eaux usées dans l’irrigation au niveau de certains vergers. Pour faire face à la problématique de dégradation de l’environnement naturel avec ses risques aussi bien sanitaires qu’économiques, outre les actions lancées au niveau national et régional, le pôle environnement de l’USMBA réunit, aujourd’hui, l’ensemble des chercheurs universitaires s’activant au sein des laboratoires de l’université, afin de les mettre en contact avec des opérateurs du secteur privé. Les experts dudit pôle ont ainsi la possibilité de faire de la recherche, non uniquement pour la recherche, mais aussi pour commercialiser les produits de leurs recherches scientifiques. Ils seraient également d’un grand apport pour la mise en place de l’Observatoire régional de l’environnement et du développement durable, du Comité régional des études d’impact sur l’environnement, de l’Observatoire régional de développement de la veille territoriale, la création de l’Observatoire régional de santé et la consolidation des programmes sanitaires. La surveillance et le suivi de la qualité des ressources en eaux n’est pas en reste.
Implication
L’objectif étant aussi de mettre en place des plans d’actions à court et à long terme, dans les domaines de l’environnement, de la gestion de l’eau et du développement durable. «L’Université de Fès, à travers ce nouveau pôle, adhère totalement au processus de mise en œuvre de la Charte de l’environnement», conclut Serghini. N’est-ce pas là l’un des rôles des établissements universitaires? Aujourd’hui, l’université ne peut rester en déphasage de son environnement non seulement économique, mais aussi de sauvegarde et de préservation des écosystèmes. Universitaires et chercheurs sont ainsi appelés à s’impliquer encore plus dans la recherche de solutions à même de permettre un suivi rigoureux pour la protection de l’environnement dans l’objectif d’un développement durable.
De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI
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